vendredi 11 mars 2011

SALAAM, SALAAM, SALAAM

« Voilà le paradis où je vivais autrefois : mer et montagne. Il y a de cela toute une vie. Avant la science, avant la civilisation et la conscience. Et peut-être y retournerai-je pour mourir en paix,[1] un jour …
Voilà le paradis où nous vivions autrefois : arbre de roc, la montagne plongeant abruptes ses racines dans les entrailles de la mer. La terre entière, humanité comprise, prenant source de vie dans l’eau. L’Océan montant à l’assaut du ciel le long de la falaise et, jusqu’aux cimes, le long des cèdres hérissés.
Un cheval blanc court et s’ébroue sur la plage. Mon cheval. Deux mouettes s’enlacent dans le ciel. Une vague vient du fond du passé et, lente, dandinante, puissante, déferle. Explose et fait exploser les souvenirs comme autant de bulles d’écume.
Souffrance et amertume d’avoir tant lutté pour presque rien : pour être et pour avoir, faire et parfaire une existence  tout, oui, tout est annihilé par la voix de la mer. Seule subsiste la gigantesque mélancolie de l’autrefois, quand tout était à commencer, tout à espérer. Naissance à soi et au monde.
Une autre vague vient par-dessus la première et fulgure. Etincelle et ruisselle d’une vie nouvelle. Sans nombre, débordant par-delà les rives du temps, de l’éternité à l’éternité d’autres vagues naissent et meurent, se couvrant et se renouvelant, ajoutant leur vie à la vie. D’aussi loin qu’on les entende, toutes ont la même voix, répètent le même mot : paix, paix, paix … »[2]

[1] Salaam.
[2] Driss Chraïbi, la Civilisation ma Mère !..., Paris, éditions Denoël, 1972, P.13-14.
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jeudi 10 mars 2011

INTERROGATION


« C’était ainsi tous les matins : un homme de la montagne se réveillait sur la montagne, aussi paisible qu’elle. Ses doutes et ses craintes de la veille, tous et toutes, avaient été lavés dans les eaux noires de la nuit. Il ouvrait les yeux et la porte de sa masure et, aussitôt, brasillaient en lui tous les printemps du monde parce que lui faisait face, là-bas à l’horizon, une aube nouvelle qui allait tout éclairer, et, en même temps, presque à la même seconde, croulaient sur lui tous les automnes, toutes les détresses du monde, à la simple vue d’un coq aveugle dont le chant avait retenti jadis comme un appel de la vie à la vie et qui était maintenant là, témoin, errant sans comprendre dans d’éternelles nuits faméliques, sans rien comprendre ni personne. Que pouvait-il faire pour le secourir, lui, Raho, fils de la terre nue ? »[1]

[1] Driss Chraïbi, La mère du printemps, l’Oum-Er-Bia, Paris, Editions du Seuil, 1982, P.19-20.
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mercredi 9 mars 2011

LE CHOIX


Je n’ai pas beaucoup vécu avec mes frères et sœurs que je vois peu.
J’ai consacré plusieurs textes à cela.
Je fais de mon mieux cependant afin de ne pas perdre certains de vue, et pour garder des contacts.[1]
Internet me permet d’échanger un peu avec une sœur qui m’est chère.
En parlant de Taaza,[2] où mon père avait été muté dans les années soixante après un passage à Ddaar lbidaa,[3] j’ai précisé que cette sœur, qui n’avait pas quatre ans à l’époque, est mariée aujourd’hui à un homme originaire de cette ville.
Célibataires, ils avaient fait ensemble des études supérieures en France.
Ils vivent aujourd’hui à Casablanca que ma sœur a connu lorsqu’elle était bébé :
Nous habitions une grande villa qui était occupée par une famille française, avant le Maroc « de l’indépendance dans l’interdépendance ». Au rez-de-chaussée, nous avions deux grands salons dont un avec de grandes baies vitrées qui s’ouvraient sur le jardin auquel on pouvait accéder et retrouver la rue par une porte secondaire assez discrète. De cette sorte, des visiteurs pouvaient arriver et repartir sans être vus par les autres occupants de la maison qui n’étaient pas au salon ni au jardin du côté de la porte discrète. Ce salon était réservé à mon père qui y recevait assez régulièrement, de nombreuses personnes. Partout, mon père a toujours reçu du monde. J’ai ainsi appris, au cours du temps, certaines choses sur des hommes dont il a beaucoup été question au cours de divers événements relatifs au Maroc de « l’indépendance dans l’interdépendance ».[4]
Au début de son installation j’apprenais par les uns et les autres qu’elle ne se sentait pas « bien ».
Nous avons eu peu d’occasions de nous revoir, et nous n’avons jamais abordé les raisons profondes de ses souffrances.
J’ai su, par d’autres, que le courant avait du mal à passer avec sa belle mère aujourd’hui décédée suite à une longue maladie, mais qui a choisi parmi les membres de la famille que cette sœur l’accompagne dans sa longue et douloureuse agonie.
C’est sur ce lien, dans ces circonstances, que cette sœur a commencé à écrire et a décidé de partager cela avec moi.
Après avoir lu les premières pages reçues par internet, je lui ai envoyé le « mail » suivant :
« Je me retenais pour ne plus t’en parler, mais je n’ai jamais cessé de croire qu’un jour tu allais écrire : Alhado lillaah.[5]
Maintenant j’attends la suite qui s’annonce encore plus forte, plus profonde, plus riche, plus vivante.
J’aligne ces mots avec les larmes aux yeux : Je n’ai vu ta belle-mère que deux fois[6] et je n’ai rien su de sa maladie, de son hospitalisation et des détails de ton engagement pour l’accompagner jusqu’à la fin de son existence ici-bas.
Ton plongeon dans ce qui a trait à la Certitude, à Alyaqiine, à la Mort va nous aider ine chaa-e Allaah[7] à mieux saisir le Sens et à approfondir le Lien.
Qu’Allaah t’inspire pour continuer ».[8]



BOUAZZA



[1] Surtout depuis la fin de l’existence ici-bas de notre père.
[2] Se reporter à mon texte intitulé "La porte du vent".
[3] Casablanca.
[4] Se reporter à mon texte intitulé "Ddaar lbidaa".
[5] La louange est à Allaah.
[6] Dont une en France.
[7] Si Dieu veut.
[8] Voir :
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CONSERVÉ PAR ALLAAH

« C’est Nous[1] qui avons fait descendre le Rappel[2] et c’est Nous qui en assumons la conservation ».[3]

[1] Allaah.
[2] Alqoraane (Le Coran) qui est la continuation, la synthèse et le parachèvement du Message d’Allaah.
[3] Innaa nahno nazzalnaa addikr wa innaa laho lhaafidoune.
Alqoraane, sourate 15 (chapitre 15), Alhijr (le "r" roulé), aayate 9 (verset 9).
Alhijr : C’est le nom de la vallée où vivaient le peuple de Thammoud et leur Messager Saalih sur lui la bénédiction et la paix. Elle se trouve sur la route de Syrie (Souryaa) entre Médine (Almadiina) et Damas (dimachq).
Précisions données par Kachriid en bas de la page 337 de sa traduction du Qoraane.
En bas de la page 338, il souligne au sujet du verset 9 que "les anciennes Écritures étaient des codes transitoires qui devaient tous être abrogés par les révélations suivantes.
Alqoraane (Le Coran), étant la forme définitive et parfaite du Livre, Allaah a pris en charge de le sauvegarder jusqu’à la fin du Monde.
Tandis que les autres Livres ont été plus ou moins défigurés, Alqoraane est resté intact, tel qu’il a été révélé au Messager Mohammad, sur lui la bénédiction et la paix".
Salaah Addine Kachriid (Salah Eddine Kechrid), traduction du Qoraane (Coran), Loubnane (Liban), Bayroute (Beyrouth), éditions Daar Algharb Alislaami, cinquième édition, 1410 (1990), première édition, 1404 (1984).
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mardi 8 mars 2011

« L’HONNEUR » DU SANGUINAIRE

Après des crimes inouïs et des pillages inimaginables, il paraît que l’imposteur de Libyaa[1] veut des « garanties » pour lui et sa famille, c'est-à-dire encore de l’argent,[2] la sécurité et un départ dans « l’honneur » ![3]
Qu’Allaah l’extermine lui et sa famille de débauchés.[4]



BOUAZZA

[1] Libye.
[2] Alors qu’ils ont pillé de quoi nourrir les populations affamées de toute l’Afrique.
[3] Se reporter à mon texte intitulé "Dignité et honneur"
[4] Voir :
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ENCORE SUR L’HARMONIE



« Les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes,[1] les obéissants et les obéissantes, les loyaux et les loyales,[2] les endurants et les endurantes,[3] les craignants et les craignantes,[4] les donneurs d’aumône et les donneuses d’aumône, les jeûneurs et les jeûneuses, les gardiens de leur chasteté et les gardiennes, ceux qui invoquent beaucoup Allaah et les invocatrices, Allaah leur a préparé un Pardon et une Récompense Immense. Il n’appartient pas à un croyant ni à une croyante, une fois qu’Allaah et Son Messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allaah et à Son Messager, s’est égaré d’un égarement évident. »[5]



[1] Almouminoune wa almouminaate.
[2] Ceux et celles qui sont véridiques.
[3] Les patients et les patientes.
[4] Ceux et celles qui sont recueillis.
[5] Alqoraane (Le Coran), sourate 33 (chapitre 33), Alahzaab, Les Coalisés, aayate 35 et aayate 36 (verset 35 et verset 36).
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lundi 7 mars 2011

DÉPOTOIRS


Dans les pays dits « arabo-musulmans », les ordures s’entassent.
Nauséabondes.
L’impérialo-sionisme ne cesse de les alimenter et de les entretenir.
Les régimes mis en place par les employeurs des pays dominants dans ces espaces, y participent.[1]
« L’indépendance dans l’interdépendance » s’est traduite, entre autres, par la multiplication des « États » supplétifs, subordonnés avec plus ou moins de zèle, de soumission, de servilité et de marge de manœuvre dans la défense des intérêts des États employeurs.
Les individus qui se succèdent à la « tête » de ces « États » supplétifs salissent, souillent tout, recourent à la tyrannie, à la corruption, à la dépravation, à la débauche, à la censure, aux usurpations, aux vols, aux impostures, aux mensonges, aux falsifications, aux trafics, aux trahisons, aux tromperies, aux tricheries, aux humiliations, aux enlèvements, aux séquestrations, aux emprisonnements, aux supplices, aux tortures, aux liquidations, aux tueries, aux massacres et autres à des degrés inimaginables, répandent les horreurs, la décomposition, la puanteur et la putréfaction.[2]
Pour eux, la notion d’être humain ne signifie rien.
Les pays où ils sévissent restent pour les employeurs des réserves de matières premières et de main d’œuvre, des marchés pour tout écouler, des points stratégiques pour les militaires, des terrains d’expérimentations des armements, des lieux de pédophilie et autres « loisirs touristes » de ce genre, des dépotoirs multiples et variées,[3] des décharges d’immondices, j’en passe et des pires.[4]
Ces individus disposent d’une armée, d’une police et d’une administration très opérationnelles pour les oppressions et les massacres des populations.
Afin de défendre les privilèges, l’impérialo-sionisme leur vend des armes pour continuer l’oppression et les massacres des populations maintenues dans l’obscurantisme tribal, l’ignorance,[5] l’arriération, la misère, l’absence de soins et autres horreurs.
Les médias font de temps à autre beaucoup de tapage pour entretenir la confusion et l’imposture, sur la vente d’armes de « pointe » à ces « États » supplétifs qui en réalité n’obtiennent souvent que des stocks déclassés, destinés à la destruction et payés au prix fort.
Les armes de « pointe » ne sont pratiquement jamais livrées : C’est une propagande pour donner un fondement « légitime » à l’usurpation dite « commerce », y compris dans ce domaine.
Lorsque par « miracle » des armes de « pointe » sont livrées, les vendeurs les rendent inutilisables à distance par des contre-mesures électroniques.[6]
Les luttes des populations, la Résistance dans ces pays ne date pas d’aujourd’hui.
Ces luttes et cette Résistance poussent parfois l’impérialo- sionisme à changer des employés pour les remplacer par leurs semblables en ayant recours à un « autre » discours destiné à alimenter et à entretenir la manipulation.
Je connais les arrières pensées des imposteurs d’hier et d’aujourd’hui, la corruption, la servilité, les compromissions, les trahisons, les viols, les crimes, les tortures du présent et du passé, les êtres fracassés, les rêves détournés, les espoirs évanouis et les esprits souillés.
Cela ne m’empêche pas de me réjouir de la chute des criminels[7] au service de l’impérialo-sionisme à Touns[8] et à Miçr,[9] de souhaiter l’élimination du sanguinaire de Liibyaa[10] et des autres corrompus, usurpateurs, spoliateurs, pilleurs, débauchés, pervers, vendus, traîtres, tueurs, j’en passe et des pires.[11]
Mon cœur participe à la fête.[12]
Que sont en fin de compte les employeurs impérialo-sionistes et les pourris des « États » supplétifs dans les pays dits « arabo-musulmans » que l’Islaam[13] rejette, dénonce, condamne et combat ?
« De la cendre qu’emporte le vent en un jour de tempête ».[14]
Les mensonges, les escroqueries, les attaques, les calomnies, les injustices, les oppressions, les pillages, les carnages, les tortures, les multiples crimes, les invasions, les destructions, les tueries et tous les massacres ne mettront jamais fin à la lutte des populations, à la Résistance des croyants et des croyantes.[15]
« Nous leur montrerons Nos Signes dans les horizons et en eux-mêmes jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que c’est la Vérité. »[16]



BOUAZZA



[1] Se reporter à mon texte intitulé "Caca Africa".
[2] Se reporter à mon texte intitulé "États pions".
[3] Des déchets nucléaires des pays dominants y sont déversés.
[4] Se reporter à mon texte intitulé "Ali au pays des Maires, veille".
[5] Aljahl.
[6] Afin d’éviter qu’elles ne soient utilisées contre l’occupation de Filistiine (de la Palestine) par exemple.
L’armée impérialo-sioniste qui occupe Filistiine veille à ce que ces "États" supplétifs ne puissent acheter que de quoi massacrer les populations des pays dits "arabo-musulmans", tout en les laissant discourir sur "la lutte contre l’occupation sioniste", pendant que l’impérialo-sionisme continue l’extermination de ceux et de celles qui ont recours aux pierres pour lui résister.
[7] Ibn ‘Aliyy (Ben Ali) et Mobaarak (Moubarak).
[8] Tunisie.
[9] Maçr (le "r" roulé), Égypte.
[10] Libye.
[11] Se reporter à mon texte intitulé "Au suivant".
[12] Se reporter à mon texte intitulé "Lmslm".
[13] L’Islaam consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
[14] Fii yawme ‘aaçife.
Alqoraane (Le Coran), sourate 14 (chapitre 14), Ibraahiime, Abraham, aayate 18 (verset 18).
[15] Se reporter à mes textes intitulés « Que c’est beau la Résistance » et "De la cendre qu’emporte le vent".
[16] Alqoraane (Le Coran), sourate 41 (chapitre 41), Fossilate, Les Versets Détaillés, aayate 53 (verset 53).
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